Je me réveillais en sursauts. Je scrute mon poignet, aucune trace de morsure. Je tâtes mes dents, pas de canines tranchantes. Ouf... Encore un de ces rêves étranges. C'est loin d'être le premier. A peu près un an qu'ils hantent mes nuits. Dans chacun d'eux, je suis l'auteur de meurtres sordides contre des inconnus que j'ai à peine croisé dans la journée ou des filles que j'ai... plus qu'abordé. Je vide mes victimes de leur sang. C'est vraiment atroce. Je devrais aller voir un psy. Je regarde mon réveil. 5h00... Le soleil se lève dans...deux heures? Ha! Mon horloge biologique agit même dans mon sommeil. L'alarme, elle, sonnera dans à peine une heure. Autant se lever tout de suite puisque de toute manière, je ne pourrais pas me rendormir après un tel cauchemar. Je retire le drap qui me recouvre et sort du lit, me dirigeant d'un pas pesant vers la salle de bain.
Je scrute mon reflet dans le miroir. Les cernes creusent un peu plus mes yeux toutes les nuits. Quand ce n'est pas un mauvais rêve, c'est une "insomnie due au choc émotionnel" comme dirait mon médecin. Ce qu'il qualifie de choc émotionnel n'est autre que la disparition inexpliquée de mon frère, jumeau de surcroit. Dire que nous étions tout l'un pour l'autre. Entre nous c'était fusionnel. Alors bien sûr, on avait chacun son boulot, chacun sa copine, chacun sa chambre... ce genre de chose. Et pourtant c'est ensemble qu'on déjeunait entre midi-et-deux au resto du coin, c'est ensemble qu'on se baladait, nos copines respectives à nos côtés et c'est ensemble que souvent, nous dormions dans son lit ou le mien. On était inséparable. Et puis un soir, ce fameux soir où tout a été chamboulé... mon frère, producteur musical de profession devait se rendre pour son travail au concert du dernier groupe en vogue. Je devais l'y accompagné comme à chaque fois mais... nous nous sommes disputés juste avant. Il y est donc allé seul. Dans la soirée, je lui ai envoyé une cinquantaine de SMS et laissé une vingtaine de message vocaux de regrets, d'excuses mais il n'a jamais répondu et pire encore... il n'est jamais rentré. Une simple querelle de frère comme il y en a tant... J'ai bien prévenu la police mais ils ont trouvé comme excuse une histoire de rancune, que mon frère se serait éclipsé suite à la dispute. Mais mon frère, je le connaissais par c½ur, n'était pas rancunier. Jamais il ne m'en aurait voulu pour une histoire de courses non-faites. Si je parle de lui au passé c'est que je suis quasiment certain qu'il n'est plus de ce monde... Je ne sens plus notre lien... son c½ur ne bat plus avec le mien... son sang ne palpite plus dans le même sens et au même rythme que celui qui coule dans mes veines... Je me suis donc résignés, faute d'une autre explication, à sa mort... Ma famille continue les recherches, en vain, je le sens... On s'est d'ailleurs brouillé à cause de ça.
Je vous disais qu'il était tout pour moi. Et en effet, depuis qu'il n'est plus là, j'ai perdu mon boulot, ma petite-amie m'a quitté et... je n'ai plus aucune relation amicale ou familiale avec les gens qui m'entourent et qui m'entouraient. Autant dire que je n'ai plus de vie...
Je rentre dans la cabine de douche et allume l'eau, la laissant courir sur mon corps nu. J'ai attaché mes cheveux en hauteur de façon à ce qu'ils ne soient pas mouillés. Avant, c'était mon frère qui me les tenait. On prenait aussi notre douche ensemble. Pas de pudeur. On connaissait par c½ur le corps de l'autre, dans les moindres détails. Une larme, une seule franchie la barrière de mes paupières comme à chaque fois que je pense à lui. Je sors et attrape une serviette que j'enroule autour de ma taille amaigrie. Son nom est brodé dans un coin. Je finis de me préparer négligemment et quitte la maison, cette maison vide de vie dont je vais bientôt être expulsé si je ne paies pas le loyer rapidement, me sur endettant un peu plus.
Les mains dans les poches, je me dirige vers mon lieu de travail, le lycée "Martin Opitz". J'y exerce la fonction de technicien de surface. Pour un ex-responsable marketing et créateur dans la plus grande société de Publicité du pays, je suis descendu bien bas. Mais bon, c'est mieux que rien, et sans ça, je ne pourrais même pas joindre les deux bouts. Il fait froid c'est dernier temps, l'hiver approche à grands pas. Et avec ça... les fêtes de Noël que je passerais pour la deuxième fois sans lui... seul...
Je parviens à l'établissement scolaire dans lequel je pénètre par l'entrée de service. Je vais dans le débarras récupérer une de ces vieilles chemises kakis délavées qui ont pour but de protéger les vêtements des tâches et éclaboussures de produits ménagers, un seau, une serpillière et de l'eau de javel. Aujourd'hui, c'est nettoyage des sols. Je dois commencer par les couloirs. Ils doivent être relativement propres avant l'arrivée des élèves à 7h50 exactement. J'ai donc... une heure et demi devant moi. Je ressors de la petite pièce poussiéreuse et tombe nez-à-nez avec une connaissance... Andréas.
Andréas- Salut ^^
Moi- 'lut. Tu es matinal.
Andréas- Oh beh j'ai dormi ici cette nuit. J'ai été expulsé de mon studio pourri.
Moi- Ah... J'en suis désolé.
Andréas- =J
Et je pars m'affairer à ma tâche du jour, sans prendre en considération les malheurs de mes concitoyens...
Voilà, premier chapitre. Qu'est-ce que vous en dîtes? Parlez sérieusement et n'hésitez pas à être méchante si il le faut.
Merci à May de lire ma fiction. Ça me fait vraiment... extrêmement plaisir = )
Bisou et à plus tard pour le prochain chapitre ^^